Squatteurs sur HYERES 83400: ce que dit la loi… et la réalité pour les propriétaires !
Les réalités du terrain immobilier – Par Valérie CODRETTO
Vous partez quelques jours en vacances et, à votre retour, vous découvrez que des inconnus occupent votre maison.
Les serrures ont été changées. Vos affaires sont peut-être encore à l'intérieur. Et vous ne pouvez plus accéder librement à votre propre logement.
Cette situation paraît inimaginable. Pourtant, le squat immobilier est une réalité à laquelle certains propriétaires sont confrontés.
Alors, que dit réellement la loi en 2026 ? Peut-on récupérer rapidement son logement ? Les squatteurs sont-ils protégés par la trêve hivernale ?
Et surtout, pourquoi existe-t-il parfois un décalage entre les textes de loi et leur application sur le terrain ?
Faisons le point, sans idées reçues.
1. Qu'est-ce qu'un squatteur au sens de la loi ?
Un squatteur est une personne qui occupe un logement sans autorisation après s'y être introduite illégalement, notamment par effraction, menace, tromperie ou contrainte.
Attention à une distinction essentielle !
Un locataire qui ne paie plus son loyer n'est pas automatiquement un squatteur.
De même, un ancien locataire qui refuse de quitter le logement à l'expiration de son bail relève généralement d'une autre procédure.
Cette différence est fondamentale, car les démarches pour récupérer le logement ne sont pas les mêmes.
Depuis les évolutions législatives de 2026, certaines situations particulières, notamment le maintien dans un meublé de tourisme après l'expiration du contrat, peuvent également relever des dispositifs anti-squat.
2. La loi anti-squat : qu'est-ce qui a changé ?
La loi du 27 juillet 2023 a renforcé les sanctions contre l'occupation illicite et facilité les démarches d'évacuation dans certaines situations.
En 2026, de nouvelles dispositions ont encore élargi le champ de la procédure administrative, notamment à certains locaux professionnels et aux meublés de tourisme.
Pour l'introduction et l'occupation illicites d'un domicile, les sanctions pénales peuvent atteindre 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende, selon les infractions retenues.
Mais attention : des sanctions plus lourdes ne signifient pas qu'un propriétaire peut expulser lui-même les occupants.
La loi protège le droit de propriété, mais impose également une procédure légale pour récupérer les lieux.
3. La fameuse règle des 48 heures : vraie ou fausse ?
C'est probablement l'idée reçue la plus répandue !
On entend souvent :
« Si les squatteurs sont installés depuis plus de 48 heures, on ne peut plus rien faire. »
C'est faux.
Il n'existe pas de règle générale accordant aux squatteurs un droit de rester dans un logement après 48 heures d'occupation.
Ce délai est souvent confondu avec celui dont dispose le préfet pour répondre à une demande complète d'évacuation administrative.
Un propriétaire peut donc engager des démarches même lorsqu'il découvre le squat plusieurs jours ou plusieurs semaines après l'intrusion.
En revanche, plus la situation est complexe, plus il peut être difficile de réunir rapidement les preuves nécessaires.
4. Comment récupérer un logement squatté ?
Lorsqu'un propriétaire découvre une occupation illicite, il doit agir rapidement, mais dans le respect de la loi.
La procédure administrative peut permettre une évacuation sans attendre un jugement d'expulsion, lorsque les conditions légales sont réunies.
Les principales démarches sont les suivantes :
Première étape : déposer plainte.
Le propriétaire doit signaler l'occupation illégale auprès de la police ou de la gendarmerie.
Deuxième étape : prouver son droit sur le logement.
Un titre de propriété, des documents fiscaux ou d'autres justificatifs peuvent être nécessaires.
Troisième étape : faire constater l'occupation.
Ce constat peut être réalisé par les autorités compétentes ou par un commissaire de justice, dans les conditions prévues par la loi.
Quatrième étape : saisir la préfecture.
Le préfet examine le dossier et doit, dans le cadre de la procédure administrative applicable, statuer dans un délai de 48 heures à compter de la réception d'une demande complète.
En cas de décision favorable, une mise en demeure de quitter les lieux est adressée aux occupants.
Pour un domicile squatté, le délai accordé est d'au moins 24 heures. Dans d'autres situations, il peut être d'au moins sept jours.
Si les occupants ne partent pas, l'évacuation peut être organisée avec le concours des forces de l'ordre.
Lorsque la procédure administrative n'est pas applicable ou n'aboutit pas, une procédure judiciaire peut être nécessaire.
5. Pourquoi la réalité peut-elle être plus compliquée ?
Sur le papier, les règles semblent claires.
Dans la pratique, plusieurs difficultés peuvent apparaître :
Réunir les justificatifs nécessaires.
Établir les circonstances exactes de l'entrée dans les lieux.
Déterminer si les occupants sont juridiquement des squatteurs.
Faire constater l'occupation.
Obtenir et mettre en œuvre une décision d'évacuation.
Certaines situations nécessitent également une appréciation particulière de l'administration, notamment lorsqu'il existe des circonstances humaines ou d'intérêt général spécifiques.
Un délai légal de décision ne signifie donc pas nécessairement que le logement sera récupéré en 48 heures.
C'est précisément ce décalage entre la règle et sa mise en œuvre qui peut être difficile à vivre pour les propriétaires concernés.
6. Les squatteurs sont-ils protégés par la trêve hivernale ?
Non, la trêve hivernale ne s'applique pas aux squatteurs d'un logement.
En France métropolitaine, la trêve hivernale s'étend généralement du 1er novembre au 31 mars.
Elle protège principalement les locataires concernés par une procédure d'expulsion, sous réserve des exceptions légales.
Mais elle ne fait pas obstacle à l'évacuation de véritables squatteurs.
Attention toutefois : il faut bien qualifier juridiquement la situation.
Un locataire en situation d'impayés et un squatteur ne relèvent pas des mêmes règles.
7. Peut-on changer les serrures soi-même ?
Voilà une question que beaucoup de propriétaires se posent.
La réponse est claire : il ne faut pas tenter de récupérer son logement par la force ou procéder soi-même à l'expulsion.
Même lorsque l'occupation est manifestement illégale, le propriétaire doit passer par les autorités compétentes.
Changer les serrures alors que les occupants sont installés, les menacer ou couper volontairement l'eau et l'électricité pour les contraindre à partir peut entraîner des conséquences judiciaires.
Face à une telle situation, il faut privilégier les démarches officielles et l'accompagnement juridique.
8. Comment limiter les risques de squat ?
Il n'existe malheureusement aucune solution garantissant une protection totale.
Mais quelques précautions peuvent être utiles, particulièrement pour les résidences secondaires et les logements temporairement inoccupés.
Vérifier régulièrement les accès et les fermetures.
Faire relever le courrier pendant les absences prolongées.
Éviter de laisser un logement manifestement abandonné.
Prévoir, si nécessaire, un dispositif de sécurité adapté.
Demander à une personne de confiance de surveiller ponctuellement le bien.
Vérifier les garanties de son contrat d'assurance habitation.
Pour les propriétaires qui mettent leur bien en location, une sélection rigoureuse des dossiers et un suivi locatif professionnel restent également essentiels, même si ces précautions concernent davantage le risque locatif que le squat au sens juridique.
9. Squat et vente immobilière : quelles conséquences ?
Pour un propriétaire souhaitant vendre, une occupation illicite peut avoir des conséquences importantes.
Elle peut empêcher les visites, retarder la mise en vente, compliquer la réalisation des diagnostics et compromettre le calendrier d'une transaction.
Un acquéreur doit également être particulièrement vigilant lorsqu'il achète un logement présenté comme libre de toute occupation.
Avant de signer, il est essentiel de vérifier les conditions d'occupation et de libération du bien.
Le notaire et le professionnel de l'immobilier ont un rôle important dans la sécurisation de ces éléments.

❓ FAQ – Squatteurs et droits des propriétaires
Un squatteur devient-il propriétaire après 48 heures ?
Non, absolument pas. L'occupation illégale d'un logement pendant 48 heures ne confère aucun droit de propriété.
Peut-on expulser un squatteur en hiver ?
Oui. La trêve hivernale ne s'applique pas aux squatteurs d'un logement.
La police peut-elle intervenir immédiatement ?
Elle peut intervenir selon les circonstances et ses pouvoirs légaux. En dehors des situations permettant une intervention immédiate, il faut suivre la procédure administrative ou judiciaire applicable.
Un locataire qui ne paie plus son loyer est-il un squatteur ?
Non. Les impayés de loyers relèvent en principe de la procédure applicable aux rapports locatifs.
Faut-il obligatoirement passer devant un juge ?
Non. Une procédure administrative d'évacuation existe lorsque les conditions légales sont réunies. Dans d'autres situations, une décision judiciaire reste nécessaire.
🧡 Mon regard de professionnelle de l'immobilier
La propriété immobilière représente souvent des années de travail, d'économies et parfois un véritable patrimoine familial.
Il est donc parfaitement compréhensible qu'un propriétaire se sente démuni lorsqu'il découvre une occupation illégale de son logement.
La loi a évolué pour mieux protéger les propriétaires et faciliter certaines expulsions.
Mais il reste essentiel de comprendre les démarches, de distinguer les différentes situations juridiques et de ne jamais agir dans la précipitation.
Mon conseil : réagir rapidement, conserver les preuves et se faire accompagner par les professionnels compétents.
Dans l'immobilier, une bonne information peut éviter de nombreuses erreurs.
📍 Valérie CODRETTO
Conseillère indépendante en immobilier – Optimhome
Formatrice en immobilier
🏡 Hyères & Littoral varois
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